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LE TROISIÈME MONUMENT

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ACTUALITÉS

 

DÉCÈS DE JEAN MONIN

Jean Monin, membre du conseil d'administration de l'Amicale, est décédé mardi 2 juillet 2019.

Né en 1927 dans l’Ain, engagé dans la Résistance, déporté à Mauthausen par le convoi du 22 mars 1944, sous son nom de clandestinité (André Richard) et le matricule 60509, Il fut avec Georges Séguy, son camarade de convoi et de châlit, dont il était resté très proche, le plus jeune déporté français. Il est affecté à la carrière, transféré à Gusen 1 puis Gusen 2, bénéficie du rapatriement anticipé Croix-Rouge.

Jean Monin avait déployé une intense activité mémorielle dans sa région, où il est une figure honorée. Il était commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil d’administration de l’Amicale, il était parmi nous un ami chaleureux et très généreux, prodiguant son soutien et ses encouragements.

Dans le film de Jean Barat évoquant le groupe de l’Amicale aux cérémonies de mai à Mauthausen (cf. infra), Jean Monin apparaît, à l’occasion du dernier voyage qu’il put faire, en 2017.

Les obsèques de Jean Monin se dérouleront samedi 6 juillet à Romans-sur-Isère. Le rendez-vous est à 9h30 en l’église Notre-Dame de Lourdes (horaire à confirmer).


Jean Monin devant le monument français, Mauthausen, 7 mai 2017 © Jaroslav Ziak

 


LA PROTESTATION LE 5 MAI À MAUTHAUSEN

Cette protestation s'est, notamment, exprimée par :

– la montée solennelle de l’escalier de la carrière par les membres du Comité international de Mauthausen et les personnalités qu’ils ont conviées (ambassadeurs, présidents des Comités internationaux des autres camps nazis),
– le discours de Guy Dockendorf, président du CIM ouvrant la cérémonie internationale sur la place d’appel,
– un entretien avec Guy Dockendorf expliquant la situation.

Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo © Jean Barat, 2019

 


« L’AFFAIRE DES DRAPEAUX », PITHIVIERS 1943


le pupitre disposé à l'entrée de la mairie de Pithiviers

Hommage aux Pithivériens de « L’affaire des drapeaux » à l’occasion de l’inauguration en ce mardi 18 juin 2019 du pupitre qui leur est dédié, disposé à l’entrée de la mairie.
En accomplissement d’un souhait émis par le Souvenir français.

« Nous sommes en effet réunis pour rappeler un événement qui s’est produit ici même il y a plus de 76 ans, sur ces marches qui étaient à l’époque celles de la Caisse d’Épargne. Singulièrement, malgré les années écoulées, cet épisode, qui connut une issue tragique, reste encore dans les mémoires. […]
Après la cérémonie qui eut lieu, ici même, le 3 mars 2013, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’arrestation des jeunes Pithivériens, c’est à nouveau un juste hommage que nous leur rendons aujourd’hui. Ainsi se trouve pérennisé cet événement qui a endeuillé plusieurs familles pithivériennes et qui n’a pas toujours été bien compris. Et cela a été très difficile à vivre pour les rescapés.
Non, ces garçons n’étaient pas des inconscients, il ne s’agissait pas dans leur esprit de narguer les occupants d’alors. Il faut considérer que les moments festifs qu’ils se sont accordé ont une valeur de symbole. Alors que le pays était soumis à l’ordre nazi, ces Pithivériens, qui ont payé un lourd tribut, ont accompli avant tout un acte de liberté et méritent notre reconnaissance. La Liberté est le bien le plus précieux et nous avons la chance d’être des citoyens libres, de vivre dans un pays libre ; ce que nous ne devrions jamais oublier.
»

lire l’intégralité du discours de Dany Percheron, adhérente du Souvenir Français
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ÉDITH SHEFFER, LES ENFANTS D’ASPERGER, LE DOSSIER NOIR DES ORIGINES DE L’AUTISME


 

Édith SHEFFER, Les enfants d’Asperger, Le dossier noir des origines de l’autisme – Flammarion, au fil de l’histoire – préface de Josef Schovanec, 387 pages, 2019.

Syndrome d’Asperger, autisme de haut niveau, autisme ordinaire, autisme avec troubles déficitaires intellectuels. Cette classification a été remise en cause par l’American Psychiatric Association qui établit le grand livre des diagnostics psychiatriques ; et dans sa dernière version, le DSM5, ces catégories d’autisme ont disparu au profit d’un regroupement sous le terme générique de « Troubles du Spectre de l'Autisme (TSA) ». Cette disparition du syndrome d’Asperger en tant que tel (c’est loin d’être encore le cas partout, notamment en France) a-t-elle à voir avec « la vie et l’œuvre » de ce médecin psychiatre autrichien, Hans Asperger, qui officia activement pendant la période nazie de l’Autriche ? Serait-ce le passé nazi de cet homme qui aurait conduit à la « dé-nomination » du syndrome ? Il semble bien que non. C’est une rationalisation de la classification et du diagnostic, sur des critères multifactoriels ! À cela le Dr Asperger n’aurait sans doute pas été opposé, puisqu’il s’inscrit parfaitement, intellectuellement, et concrètement, dans cette lignée classificatrice des individus basée sur la définition de troubles socio-comportementaux.

Comme le souligne dans sa passionnante préface (à l’édition française) Josef Scovanec, notre monde est plus que jamais fanatique de la classification et du diagnostic, avec pour cela des moyens de plus en plus sophistiqués et performants qui prennent le pas sur la réflexion.

Le livre d’Édith Sheffer vient interroger la question des origines de l’autisme comme pathologie identifiée et caractérisée. Si le terme apparaît pour décrire une forme d’isolement relationnel de certains schizophrènes dès 1911, c’est Kanner aux États-Unis pour la forme « typique » avec des troubles cognitifs sévères et Asperger à Vienne pour des formes sans déficits cognitifs marqués, qui élèvent le terme d’autisme au rang de pathologie caractérisée. Seule la forme de Kanner sera connue jusqu’en 1981 où la thèse d’Asperger est redécouverte par Lorna Wing, et l’autisme d’Asperger élevé au rang de diagnostic spécifique. Pour Asperger, sa théorie permettait concrètement une différenciation entre enfants éducables et récupérables et enfants irrécupérables (pour le Reich en l’occurrence – et l’on connaît le destin de ces irrécupérables).
L’évolution de la définition diagnostique de l’autisme en a fait passer le nombre dans la population d’environ 1 pour 5.000 à 1 pour 60.

Ce livre, centré sur l’analyse historique de nombreux documents notamment relatifs à la psychiatrie et « l’éducation » des enfants sous l’ère nazie, en particulier à Vienne, montre la complicité active d’Asperger dans la sélection des enfants et leur envoi à l’hôpital du Spiegelgrund où se scellait souvent leur destin. Il rappelle s’il en était besoin encore comment certains des pires collaborateurs du régime nazi ont pu échapper aux condamnations que leur attitude pour le moins complice aurait méritée. C’est le cas d’Hans Asperger.

Mais on ne peut non plus ignorer combien ces criminels du régime nazi ont contaminé – je serais presque tenté de dire fécondé – par leurs actes et leur pensée certains aspects de notre modernité. À une époque, la nôtre, où Laurent Alexandre, chroniqueur, médecin, passé par l’ENA, peut écrire, en autres et sans sourciller, dans L’Express (anciennement dit de gauche) – « En réalité, comme l'explique Franck Ramus, de Normale sup : "En moyenne, [notez la subtilité de l’indétermination] les personnes les plus défavorisées socialement sont aussi les plus désavantagées génétiquement."! »
À une époque, la nôtre, où des officines scientifiques privées peuvent vous révéler, à côté de vos origines géographiques, de vos risques de maladies, par exemple le pourcentage précis de vos origines « juives ashkénazes », on peut s’interroger sur l’action (et ses conséquences) de cet autre type d’enfants d’Asperger que sont les scientifiques d’aujourd’hui et de demain, mâtinés pour certains d’une formation administrativo-politique de haut niveau, à l’exemple de notre chroniqueur sus nommé.
À une époque où, comme le dit Josef Scovanec, on disposera bientôt d’un dépistage prénatal de l’autisme, la porte est de plus en plus grande ouverte à toutes les questions de l’eugénisme – et de l’euthanasie –, pour quelque motif que ce soit : racial, physique, mental, social, du genre bien sûr, et de la souffrance. Resteront à définir, selon peut-être des logiques algorithmiques, les seuils acceptables d’anormalité ou de normalité, de souffrance supportable ou non, de valeur sociale, voire de performance prédictible et de coût pour la collectivité.

Et n’oublions pas non plus, comme le rappelle ce livre, que la pensée nazie sur l’eugénisme et l’euthanasie, pensée mise en acte de manière particulièrement organisée, que l’eugénisme et l’euthanasie étaient pratiqués, à une échelle sans doute plus individuelle, dans les systèmes de santé de nos pays dits civilisés (sans même évoquer ici toutes les formes de massacres et de génocides liés notamment aux colonisations).

Il est une dernière question dont le livre d’Édith Sheffer ne traite pas, mais à laquelle il peut conduire : face à la genèse, au contexte, au développement et aux conséquences du « travail » du Dr Asperger, comment toutes ces personnes qui, se reconnaissent, ou sont reconnues comme les « enfants d’Asperger » – au sens qu’elles ont obtenu ainsi une identité parfois même valorisée d’« Asperger », plutôt qu’un rejet douloureux lié à leur « inadaptation » sociale –, comment vont-elles pouvoir, maintenant, assumer ou rejeter cette lourde filiation ?

Laurent Meyer

 


AMICAL DE MAUTHAUSEN Y OTROS CAMPOS

À lire, sur le site de l’Amical de Mauthausen y otros campos (Barcelone) :

>> « Mauthausen, la historia no empieza hoy », article de Rosa Toran, 14 mai 2019

>> Comunicado : « Mauthausen, la prensa y la amical », 10 mai 2019

 


DES TRACES ET DES GESTES,
Mémoires européennes des camps nazis

Documentaire de 52 minutes de Bernard Obermosser et Jean-Louis Roussel,
une production de l’Amicale française de Mauthausen,
janvier 2018

 

Plus de 70 ans après leur libération, les sites des anciens camps nazis ne sont pas déserts : les visiteurs y sont nombreux, les rendez-vous commémoratifs sont empreints d’une étonnante énergie. Ce deuxième âge de la mémoire n’est pas réductible à une forme inattendue de tourisme.

Ce film, qui n’est pas un recueil de témoignages sur la déportation, propose d’entendre quelques acteurs de ces pratiques, parmi les plus impliqués. Décodant les rituels officiels et les pratiques inventives qui émergent, il s’attache à repérer les gestes sociaux, à formuler du sens. Contribuant certes au souvenir du passé, mais surtout observant le présent. Qu’on en ait clairement conscience ou non, les sites concentrationnaires nazis sont désormais inscrits dans l’espace culturel de notre continent.

L’observation porte principalement sur l’ancien camp de Mauthausen, en relation constante avec ce qui s’accomplit en d’autres lieux, Buchenwald, Ravensbrück, Natzweiler-Struthof, Auschwitz.


Vous pouvez également retrouver l'ensemble des précédentes vidéos de l’Amicale...
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