4 - 5 mai 2002 : commémorations en Autriche : Mauthausen


Le dimanche 5 mai 2002
MAUTHAUSEN

La Délégation de l’Amicale a eu l’honneur d’accueillir, pour la première fois au Monument Français, le dimanche 5 mai 2002, son Excellence l’Ambassadeur de France, à Vienne Monsieur Alain CATTA. Discours prononcé au monument français par Michelle ROUSSEAU-RAMBAUD.

Nous sommes honorés d’accueillir Monsieur l’Ambassadeur de France à Vienne, ses Collaborateurs, tous nos Amis autrichiens et Français présents autour de nous pour cette courte cérémonie au Monument français.
Elle est rituelle, attendue, essentielle pour mieux nous retrouver, pour prendre une même respiration avant de rejoindre par la pensée tous ceux et celles qui sont morts en ce lieu, pour la LIBERTE.
Aujourd’hui, cette rencontre nous semble plus dense encore. Elle se veut d’abord un hommage à Emile Valley, Secrétaire-Fondateur de l’Amicale Française de Mauthausen, Secrétaire-Adjoint du Comité International de Mauthausen. Il a fait ériger ce monument.
Roger Gouffault vient d’évoquer la personnalité de cet homme d’exception. Nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas l’avoir connu intimement. Nous en serions presque frustrés, car il est devenu un mythe. Mais il n’en est rien, car sa présence, sa force, son charisme, continuent de surgir dans la vie de l’Amicale, à propos d’un fait, d’un dossier, d’un projet, d’une photo, d’une anecdote.
On ne peut l’oublier, et le plus beau présent que nous puissions faire à sa mémoire, nous les enfants de ses compagnons, c’est de reprendre le flambeau de l’Amicale et d’affirmer solennellement ces quelques mots extraits du Serment de Mauthausen.
" En souvenir des millions de nos frères assassinés par le fascisme nazi, nous jurons de ne jamais quitter ce chemin ".
Aujourd’hui tout particulièrement, ces paroles prennent une résonance sinistre et prémonitoire. Le moment de recueillement, généralement hors du temps, du temps qui passe et qui ne passe pas car il s’est arrêté ici. Ce moment est exceptionnellement troublé par notre angoisse, notre desir de savoir ce que notre pays va devenir demain.
Peut-on si vite oublier le prix de la liberté, rappelé sur ce monument, comment, au nom des milliers de morts exterminés à Mauthausen, ou ailleurs, accepter la présence au plus haut niveau de notre vie démocratique d’un homme qui a traité les camps de concentration de détail de l’histoire ?
Ce soir, de retour à l’hôtel, nous allons nous serrer les uns contre les autres et attendre, attendre et espérer le sursaut d’une conscience citoyenne, réveillée, comme par un électrochoc et unie pour sauver nos valeurs de Liberté, de Paix, de Fraternité.
Toute autre issue serait une trahison à l’égard de ceux qui furent victimes du nazisme, et nous ne saurions l’imaginer.
Décidément, mes Amis, le 5 mai 2002 est un dimanche pas comme les autres
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