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HARTHEIM
Discours de Michelle ROUSSEAU-RAMBAUD
Chaque année, une délégation
de lAmicale française de Mauthausen participe aux cérémonies
internationales commémoratives de Mauthausen, pour la libération
du Camp central et de ses Kommandos. Ce matin, 10 heures, notre groupe
se partage entre Ebensee et Hartheim.
Je vous remercie daccueillir, parmi vous, les représentants
que nous sommes.
Notre émotion, cette année, est dautant plus forte
que cette cérémonie internationale se déroule devant
la stèle érigée par la France dès 1950, seule
stèle à ce jour, en ce lieu, qui rappelle au Passant de
se souvenir
.
Cest une pierre sans nom, qui rassemble dans sa nudité tous
les Français et, au-delà, tous ceux qui ont connu à
Hartheim lhorreur du Mal Absolu, chacun dans sa solitude, dans son
angoisse, face à lapproche dune mort sans repères,
dune descente dans le Vide du Néant.
Mon Père, Michel Rambaud, n° 54007, fut lun de ces malheureux.
Le temps passe, les mots et les questions se répètent, étrangement
semblables. Mais ce matin, nous sommes là, parmi vous, avec vous,
nous nous regardons en face avec respect, confiance et espoir. En affrontant
ensemble cette page noire de notre histoire commune, nous devenons les
maillons dune même chaîne quil va bien falloir
ne jamais lâcher, si nous voulons construire, apprendre enfin le
véritable prix de la liberté, le DIRE, le DIRE encore et
inlassablement.
Le château dHartheim offre une nouvelle image, belle, pimpante.
Cest pourquoi elle nous déroute encore un peu, sans doute
navons-nous jamais fait notre Deuil en ce lieu.
Mais sachez que nous sommes prêts à contribuer à sa
vie future, et vous remercions de bien vouloir nous y associer de près
.
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