LA CEREMONIE AUX ARCHIVES NATIONALES


LES ARCHIVES DE L'AMICALE SONT ACCUEILLIES AUX ARCHIVES NATIONALES

 


Lors d'une cérémonie à l'Hôtel de Soubise, le 22 juin dernier, Madame Marie-Paule Arnaud, Directrice générale des Archives Nationales de France, Michelle Rousseau-Rambaud et Pierre Saint-Macary pour l'Amicale de Mauthausen, ont signé le contrat de dépôt.
Le premier dépôt comporte :
• les listes alphabétiques originales de tous les Déportés, provenant de la "Poststelle" du camp ;
• les listes de tous les Déportés, classés par convois et matricules ;
• le fonds photographique constitué essentiellement de photos d'origine SS, cachées et rapportées par des Déportés espagnols.
Ainsi, ces documents de grande valeur, conservés jusqu'ici, non sans risque, dans les locaux de l'Amicale, seront préservés, restaurés et mis à la disposition des chercheurs du monde entier.


En cette fin d’après-midi de juin, le soleil était dru et, sous les ombrages du noble jardin où nous étions reçus, il y eut un peu de solennité et une vraie émotion. Exposés dans des vitrines, des documents originaux, apportés pour la circonstance depuis le Boulevard Saint-Germain – photos, pages manuscrites mentionnant le nom, parmi tant d’autres, de tel des Déportés présents, numéros anciens du Bulletin - témoignaient du sens de notre présence.
Nous étions là une centaine de personnes, des membres de l’Amicale bien sûr, entourant Michelle Rousseau-Rambaud et Pierre Saint-Macary, auxquels s’étaient jointes de nombreuses personnalités : Mme Paule-Renée Bazin (pour la Direction de la Mémoire du Ministère de la Défense) ; Maurice Cling et Maurice Clogenson (pour la FNDIRP et la FNDIR) ; Jacques Brun (Dora) et le Général de Lauzière (Dachau) ; Denise Vernay, Yves Lescure et Claude Mercier (FMD) ; des représentants du CDJC, du Service historique de l’Armée de l’Air, des Archives départementales du Calvados ; enfin, trois historiens-chercheurs ayant participé au Symposium de Linz, à l’automne 2000, Jean-Pierre Azéma, Lionel Richard et Michel Fabréguet.
Madame Marie-Paule Arnaud, qui nous accueillait en qualité de Directrice du Centre historique des Archives nationales, souligna d’abord l’importance que cette institution accordait au dépôt d’archives privées, et salua le geste pionnier qu’accomplissait l’Amicale de Mauthausen. Elle attesta que les documents que possédait l’Amicale de Mauthausen, et dont elle restera propriétaire - listes originales, plans d’époque (de Mauthausen, Melk, Gusen, Ebensee),fonds iconographique - étaient " importants et impressionnants ". La communication et la reproduction sur papier de ces pièces resteront libres, selon le vœu émis par l’Amicale, qu’elle remercia " au nom des Archives nationales et au nom des chercheurs, pour cet enrichissement exceptionnel des fonds ".
Dans sa réponse, Michelle Rousseau-Rambaud tint d’abord à reconnaître " nos sentiments mêlés. Il y a en bous comme un déchirement à nous séparer de ce qui est l’Ame (et la vie) de l’Amicale. Nous avions l’impression ; fausse, naïve ; de la protéger sous notre aile, en fait dans notre sous-sol. Cela ne tient pas à la réflexion ", pour se féliciter de l’aboutissement d’une démarche " souhaitée, impulsée et négociée par le Président Saint-Macary ", et concrétisée par la pugnacité de Caroline Ulmann. Elle rendit hommage à " tous ceux qui, depuis cinquante ans, par leurs travaux, leurs recherches, leurs ouvrages, leurs traductions, ont œuvré pour la mémoire de Mauthausen ". Elle remercia spécialement Madeleine Mathieu pour avoir mené à bien l’inventaire général des archives écrites. Et elle exprima notre gratitude à nos hôtes.
Pierre Saint-Macary intervint à son tour, pour mentionner ceux qui, au fil des décennies, ont œuvré pour la préservation des pièces historiques : " les Espagnols ", qui ont sauvé et rapporté le fonds photographique ; et ceux - Emile Valley, Serge Choumoff, et d’autres - qui ont rapporté une partie des documents collectés à la Komandantur.
Enfin, Paul Le Caer, constatant avec émotion l’aboutissement d’un travail de vingt années, rappela l’état du fonds photographique lorsque Emile Valley le lui avait confié, " inorganisé et incomplet ", et dit l’effort pour identifier, légender, et les recherches, voyages et contacts qu’il avait fallu entreprendre. Il tint à associer les noms de Francisco Boix et Antoine Garcia à cette cérémonie, et regretta l’absence de deux amis, France Boudault et Bob Sheppard.
Après signature du contrat et à la faveur du généreux cocktail qui nous fut offert, les conversations se sont poursuivies longtemps. Ce fut pour nous un grand moment, chaleureux, marquant une date importante dans l’histoire de l’Amicale, et par lequel, à notre initiative, la déportation s’inscrit dans la patrimoine national conservé aux Archives.